LA PRESSE

Dès la fin du XVe siècle, sous forme de feuilles volantes, l'imprimerie multiplia les écrits politiques ou religieux (libelles, placards...), les récits d’événements (occasionnels) ou de faits divers (canards). Ce n'est qu'au début du XVIIe siècle qu'apparurent les premières feuilles périodiques, le plus souvent hebdomadaires. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les journaux se multiplièrent. En Angleterre, l'agitation politique et le régime parlementaire favorisèrent les progrès du «quatrième pouvoir». En France, l'Ancien Régime freina le développement des journaux «politiques» au profit des feuilles littéraires ou spécialisées.

La Révolution française suscita de 1789 à 1792 une extraordinaire floraison de journaux, mais la Terreur, puis l'Empire mirent un terme à ce bref épisode de liberté. Dans les deux premiers tiers du XIXe siècle, la presse prit un grand essor : les progrès de l'instruction, la politisation croissante de la petite bourgeoisie, puis des classes populaires, l'élévation du niveau de vie élargissaient régulièrement la clientèle des journaux. Les progrès de l'imprimerie, la révolution des transports, le télégraphe électrique, la substitution du papier de bois au papier de chiffon et le développement des annonces publicitaires permirent de fabriquer les journaux à moindre frais. Mais les pouvoirs politiques cherchèrent à freiner cette progression par la censure, par la répression judiciaire, par l'autorisation préalable et par les droits de timbre, qui renchérissaient le prix de vente.

L'age d'or .

La fin du siècle ouvrit l'âge d'or des journaux : la presse finit par obtenir sa liberté dans la plupart des pays: son prix de vente très bas lui permit de se diffuser dans les masses populaires et le journal devint un objet de consommation courante.
Dans l'entre-deux-guerres, la presse écrite poursuivit sa progression. Les magazines illustrés et les périodiques spécialisés furent les principaux bénéficiaires de l'expansion du marché; les quotidiens, dont le nombre diminuait déjà sous l'effet de la concentration mais dont la pagination continuait de croitre, atteignirent des tirages énormes sauf en France, où leur marché stagnait.
La Seconde Guerre mondiale qui, stimulant la curiosité du public pour les nouvelles favorisa les progrès de la presse dans les pays anglo-saxons ou neutres affaiblit au contraire la presse des pays de l'Europe continentale où la liberté était morte. La radio devint alors un moyen d'information très important.
Depuis 1945 la presse mile traversé de nombreuses crises. Dans l'Europe continentale la Libération entraîné un renouvellement complet de l'ancienne presse  dans aucun pays la révolution ne fut plus totale qu'en France.

Les crises.

La Seconde Guerre mondiale qui, stimulant la curiosité du public pour les nouvelles favorisa les progrès de la presse dans les pays anglo-saxons ou neutres affaiblit au contraire la presse des pays de l'Europe continentale où la liberté était menacée. La radio devint alors un moyen d'information très important.
Depuis 1945 la presse écrite a traversé de nombreuses crises. Dans l'Europe continentale la Libération entraîné un renouvellement complet de l'ancienne presse  mais dans aucun pays la révolution ne fut plus totale qu'en France. Avec la radio et surtout la télévision vont encore rogner sur le temps disponible pour la lecture de la presse écrite car la presse demande un effort plus grand.

Fonctions de la presse.

Dans la diversité de ses organes, la presse écrite joue dans la vie des nations comme dans celle des individus un rôle très complexe. Ses fonctions politiques, sociales et psychologiques sont multiples et malaisées à isoler. Aussi bien, l'action exercée par les journaux et les périodiques n'est-elle jamais autonome; elle se conjugue avec celle des autres moyens d'information et d'éducation; elle ne peut être non plus examinée en dehors des circuits (le la communication interindividuelle des conversations et des contacts épisodiques ou réguliers des individus entre eux. De plus, l'action (le la presse écrite est naturellement très variable selon les pays : très faible dans les pays sous-développés, où son audience est presque nulle, la puissance des journaux n'est évidemment pas la même dans les pays libéraux et dans les pays totalitaires, où elle n'est qu'une des composantes de la propagande officielle.

Presse et autres moyens d'information

Un des rôles essentiels de la presse fut longtemps d'annoncer les nouvelles : si aujourd'hui c'est le plus souvent la radio, voire la télévision qui informent les premières le public, la presse peut seule développer et commenter avec suffisamment d'ampleur la grande et la petite information (il faudrait par exemple plus de six heures d'émission radiophonique pour lire au micro un numéro moyen du Monde). Le texte écrit est toujours beaucoup plus dense que le discours oral, l'attention exigée pour la lecture est plus forte que celle qui est demandée par l'écoute de la radio ou par la réception du spectacle télévisé. Chaque individu adapte la lecture à sa personnalité, alors que le rythme de l'émission radiophonique ou télévisuelle lui est imposé; il peut feuilleter son journal et y choisir ses lectures selon sa curiosité du moment; il peut fractionner sa lecture, la reprendre. Toutes choses auxquelles les moyens audiovisuels ne se prêtent pas. Il est vrai, à l'inverse, que la lecture de la presse exige un effort plus grand que l'écoute de la radio ou l'assistance au spectacle télévisé. Enfin, et c'est peut-être sur ce point que joue véritablement la concurrence entre les moyens d'information, le temps disponible dans la journée des individus pour leur consommation est finalement très limité : le choix s'impose donc et si, par exemple, la soirée est consacrée à la télévision, la lecture de la presse en est d'autant réduite.